Partage personnel

Quand nous partageons nos émotions, nos sentiments, nos pensées nous permettons aux autres de valider l’existence de leurs propres paysages intérieurs. S’autoriser à les mettre à l’extérieur leur donne de la matière, de la place et facilite leur libération. L’objectif est de se faire du bien sans blesser personne !
Plusieurs modes d’expression sont possibles ! Ici, je vais choisir l’écriture mais vous pouvez dessiner, photographier, peindre, chanter, danser, modeler …. Tout est bon pour se dire.

Notre quatrième semaine de confinement génère encore des changements ou plutôt une entrée dans une durée indéterminée qui nous fait prendre pleinement conscience de cette absence de liberté et de comment nous nous débrouillons chacun avec nos contextes et nos moyens pour nous sentir libres à l’intérieur.

Aujourd’hui, chose rarissime, je vais vous parler de mon contexte de vie et de ma colère !

Je suis plutôt bien outillée pour gérer ma parentalité et pourtant cette semaine un sentiment un peu amer a émergé ! Je vis seule avec mes trois derniers enfants (27 % des familles en France sont monoparentales selon l’INSEE). Le plus jeune a 9 ans et est instruit en famille. Les deux grandes ont 17 (1ère générale) et 20 ans ( maths spé).

D’habitude, je jongle entre mon activité professionnelle, les apprentissages du plus jeune, nos sorties avec les enfants non scolarisés, la tenue de la maison et les repas. Je souffle durant les activités du petit et le week-end . Ma deuxième rentre déjeuner le midi, gère parfaitement bien son travail scolaire, donne des coups de main en cuisine et du temps à son petit frère. Ma grande est un électron libre, plongée dans son univers scientifique qui sait vider le lave-vaisselle et débarrasser la table et ça me va à peu près hormis la problématique de la longueur de ses douches que nous n’avons pas encore résolue !

Là, comme chez vous tous, tout est différent et c’est normal ! Mais assumer quatorze repas par semaine pour quatre, entretenir une maison où nous sommes là constamment, continuer à faire travailler mon garçon en y rajoutant les exercices de formation musicale, les vidéos du professeur de percussions, les chants de celle du chœur, les sujets des Beaux Arts, les fiches de l’enseignante d’anglais, participer ou organiser des visio-conférences pour mon activité professionnelle, redevenir couturière et se lancer dans la fabrication de masques en prenant du temps pour moi !!!!!!!!! AAAAHHHHHH ! C’est juste IMPOSSIBLE POUR MOI et sentir ma limite à ne pas pouvoir faire correctement cette liste me semblait encore INSUPPORTABLE jusqu’à hier ….

Ce que le confinement dit de nous !

Les chamailleries entre ma grande et mon petit, j’accueille ! Le stress de mon plus jeune, j’accueille! Le ras le bol de ma deuxième sur l’exigence des profs, j’accueille ! Les frustrations, j’accueille ! Mais trouver le flacon de gel douche vide dans la cabine de douche trois jours de suite me fait réagir de manière disproportionnée …Alors, rien ne déborde sur mes co-confinés mais cela monte à l’intérieur de moi. Comme je suis adulte et que mon néo-cortex est capable d’analyser ce qui se passe je réalise que MON INJONCTION à tout faire le mieux possible, mon « SOIS PARFAIT » a repris du service et j’ai juste envie de le « dégager » une bonne fois pour toutes !

Et l’essentiel, c’est quoi ?

En réalité, j’ai juste envie de revenir à mes fondamentaux : assurer ma sécurité affective et celles des miens, passer de bons moments avec eux et laisser mon fils apprendre à son rythme. Pour les atteindre, je vais redire mes besoins, entendre ceux des autres, les solliciter sur comment chacun peut contribuer davantage et accepter d’élaborer ensemble. Car j’avoue que jusqu’à aujourd’hui, je me contentais de leur participation en faisant moi-même ce qui me paraissait important.

Dans ce contexte exceptionnel, j’expérimente un autre vivre ensemble et c’est apprenant !