Les écrans dans nos vies

Ce samedi 21 mars, je devais vous proposer un café parents sur les écrans dans ma petite Biocoop locale … Mais voilà que nous vivons des circonstances exceptionnelles et que subitement ce titre prend une coloration bien particulière !!!

Je devais aborder les repères 3-6-9-12 de Serge TISSERON
et échanger avec vous sur nos postures de parents face à nos propres écrans et sur les conséquences de leur usage sur le cerveau des enfants. Mais est-ce dans l’air du temps ?

COMMENT RÉSISTER AUX SOLLICITATIONS ???

Quelques jours avant la fermeture des écoles et établissements secondaires, les médias diffusaient déjà le travail du CNED pour favoriser l’école à distance via internet … Et depuis ce 16 mars, les propositions pleuvent sur la toile. Les chaînes de télévision pour la jeunesse passent en clair sous couvert de geste commercial. D’autres utilisent l’argument de la solidarité : c’est « le mot qui revient pour aider les français à affronter cette épreuve difficile. Ça passe notamment par les programmes télévisés ». Même certains enseignants s’y mettent en envoyant des programmes TV aux parents . Les plages horaires allant de 9h00 à 16h40 en fonction des âges …

Autant vous dire que cette incitation à mettre les enfants devant les écrans me questionne ????

Enfant seul face aux écrans

QUELQUES REPÈRES

La règle communément partagée par les chercheurs qui se sont penchés sur le sujet , c’est PAS D’ÉCRANS AVANT TROIS ANS. Ce qui me paraît important de retenir, c’est que « les échanges avec l’entourage et l’utilisation des 5 sens » sont la base du bon développement de votre tout-petit.

ENTRE TROIS ET SIX ANS, « il est prioritaire qu’il ait des activités engageant ses dix doigts, pour développer son habileté motrice, et surtout son cerveau. »

ENTRE SIX ET NEUF ANS, les jeux vidéos et internet font leur entrée. Il est alors essentiel de faire le distinguo entre « espace intime et espace public » et de travailler « la notion de point de vue ».

ENTRE NEUF ET DOUZE ANS, l’enfant « a besoin d’éprouver ses relations sociales, de tester ses comportements et les réactions qu’ils suscitent » dans la vraie vie, hors écrans. La présence sur les RÉSEAUX SOCIAUX est INTERDITE.

APRES DOUZE ANS, la problématique principale est celle du temps et de la solitude. La question de l’addiction se pose de manière très différente selon les études. Il semblerait qu’elle ne soit que le révélateur d’un problème sous-jacent.

ET CONCRÈTEMENT, JE FAIS QUOI ?

Je dirai que plus l’enfant grandit, plus il est utile de l’accompagner par rapport à son usage des écrans. Il a besoin d’être outillé par rapport à la multitude d’informations qu’il va recevoir et à la manière dont il va les recevoir. Il est extrêmement difficile pour un parent de tenir les règles fixées et de savoir à quoi il est important d’être vigilant.

J’entends souvent que c’est « trop compliqué » ou « je suis démuni(e), alors je laisse tomber ». J’ai juste envie de dire qu’il existe plein de ressources et que votre enfant a besoin de vous tout au long de sa croissance. Vous étiez là quand il pleurait la nuit, quand il avait de la fièvre, vous pouvez encore être là avec ses écrans, surtout s’il vous dit qu’il n’a pas besoin de vous !!

Aujourd’hui, nous sommes confinés, à l’abri chez nous à devoir nous adapter à cet isolement que nous ne connaissons pas. Je sais que nombreux d’entre vous continuent à travailler, que d’autres doivent télé-travailler en ayant les enfants à la maison avec beaucoup de travail scolaire. C’est source de beaucoup de stress et les écrans peuvent paraître une solution intéressante … Je ne crois pas à cette option ou en tout cas, je pense qu’elle n’est que très ponctuelle car elle ne respecte pas les besoins de mouvement et d’interactions des enfants.

Je vous partagerai quelques idées d’activités dans un prochain article !

En attendant un peu de lecture sur des positions très différents, je vous laisse vous faire votre avis !

Serge TISSERON

Michel DESMURGET

Autisme virtuel

La famille tout écran